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Musée de Louviers
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Discours inaugural

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Vernissage de l’exposition "Maximilien Luce, un peintre engagé"

Allocution de M. François-Xavier PRIOLLAUD Maire de Louviers

Monsieur le Directeur du Musée, Cher Michel Natier,
Madame Jeanne-Marie David, co-commissaire de l’exposition,,
Madame Fabienne Gleye, Directrice du service culturel,
Chère Sylvie Langeard, adjointe en charge de la vie culturelle,
Mesdames et messieurs les amis du Musée de Louviers,
Mesdames et Messieurs les Élus,
Mesdames et Messieurs,

La nouvelle exposition du musée qui nous réunit ce soir est consacrée à Maximilien Luce, un peintre engagé, ce qui n’est pas sans faire écho à la grande cause municipale de Louviers consacrée en 2018, justement, à l’engagement.

Permettez-moi tout d’abord de saluer les deux commissaires de l’exposition : je veux parler de Jeanne-Marie David, responsable du musée de Vernon, et de Michel Natier, directeur du musée de Louviers.

Une exposition c’est toujours important travail de conception et de réalisation qui mobilise de nombreux partenaires, publics et privés. L’exposition que vous allez pouvoir découvrir jusqu’au 27 mai a été rendue possible grâce aux prêts d’œuvres de collectionneurs – qu’ils en soient remerciés – et de plusieurs musées, en particulier le musée de l’Hôtel Dieu à Mantes la Jolie qui dispose d’une importante collection d’œuvres de Maximilien Luce. D’autres musées ont également contribué à la réalisation de cette exposition : le musée des impressionnismes à Giverny, le musée de Fécamp, le musée de Lagny sur Marne, le musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux, le musée du Domaine départemental de Sceaux et le Musée Lambinet de Versailles. Merci à eux.

Mesdames et Messieurs,

Je dois vous confesser que j’ai découvert Maximilien Luce grâce à cette exposition dont je vous recommande la lecture du très beau catalogue qui l’accompagne.

Maximilien Luce est un peintre de la seconde moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle qui s’inscrit dans le mouvement néo-impressionniste.

Il est un artiste engagé ; ce qui tombe bien car c’est le thème de notre exposition.

Je dirais de Maximilien Luce qu’il est deux fois engagé – je vais vous préciser pourquoi – et qu’il est aussi un artiste « dégagé » ; là aussi, je vais vous expliquer.

Maximilien Luce est un peintre engagé deux fois, car il est engagé pour l’art et par l’art.

Il est d’abord, un peintre engagé pour l’art.

Ami de Pissarro, Signac et Seurat, Luce est un artiste accompli qui aborde tous les genres.

Son œuvre est graphique : le dessin fut son premier moyen d’expression avant de venir à la gravure et la peinture au début des années 1880.

Ses techniques picturales sont innovantes : il s’est essayé à la peinture optique qu’on appellera plus tard le « néo-impressionnisme ».

Maximilien Luce est engagé pour l’art en ce sens a marqué les courants artistiques de son empreinte, notamment à travers le pointillisme et ce courant néo-impressionniste augurera de l’entrée dans le 20e siècle.

Par l’utilisation de la couleur pure, les néo-impressionnistes dont il fait partie ont annoncé le fauvisme.

Par la liberté de traitement de la surface picturale, ils ont ouvert le chemin du cubisme et de l’abstraction.

Par leur radicalité ils ont préfiguré les futures avant-gardes.

Avec eux, grâce à eux, la peinture devient un objet autonome.

Visiteur de l'expo

Mesdames et Messieurs,

Maximilien Luce n’est pas seulement un peintre engagé pour l’art. Il est aussi engagé par l’art.

Il est un artiste qui épouse son époque. Il fixe sur la toile les grandes transformations sociales et politiques de la IIIe République, les grands bouleversements de Paris. Il glorifie le rude labeur des ouvriers.

Marqué par la répression des communards par les Versaillais, Maximilien Luce est l’un des artistes anarchistes les plus engagés. Il fournit dessins et illustrations aux revues militantes et devient l’un des principaux illustrateurs de l’hebdomadaire « les temps nouveaux ».

Il passera 40 jours en prison après l’assassinat du Président de la République Sadi Carnot par l’anarchiste Caserio, suspecté de complicité en raison de sa collaboration au Père Peinard.

En 1898, Luce soutiendra Emile Zola dans l’affaire Dreyfus et réalisera une série de lithographies.

On retiendra aussi de l’œuvre de Luce, les incroyables représentations d’ouvriers, de leurs conditions de travail, de leur environnement familial et social. Et aussi, en cette année du centenaire de l’armistice de la grande guerre, de multiples œuvres sur les Poilus, leur agonie sur le Champ de bataille ainsi qu’une très belle série sur la gare de l’Est, à Paris.

Mesdames et Messieurs,

Maximilien Luce fut un peintre deux fois engagé, pour l’art et par l’art. Mais la source de son engagement c’est avant tout la recherche de la liberté.

C’est en ce sens qu’il fut aussi, à mon sens un peintre « dégagé ».

Un peintre dégagé des contraintes,  car viscéralement attaché à la liberté. Dans son art comme dans ses idées, il s’affranchit des dogmes, il s’affranchit des codes et du politiquement correct.

Certains pourraient même voir dans son œuvre une ode à l’émancipation.

Et l’émancipation, elle est ce moteur de la responsabilité et de la création.

Elle est aussi la condition absolue de l’engagement.

Je vous remercie.